Réalisateur | Jean-Louis Cros |
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Mai 1968 Cécile, la trentaine, mariée, n’est pas sur les barricades mais dans son pavillon de banlieue. Déjà mère de quatre enfants, elle a fait depuis longtemps une croix sur ses études et se débat avec les premières avancées de la contraception.
Deux découvertes alors : une vieille lettre écrite par sa mère trente ans plus tôt mais jamais envoyée et le comportement de son mari chez qui « toutes ces grèves » ont fait sauter le verrou du prédateur, perturbent un moment le métronome qui jusque là guidait sa vie.
Pourtant trop de tabous et autres héritages familiaux encombrent encore son esprit et sa prise de conscience se limite aux bornes de sa vie sage et mesurée. Mais la fière liberté à laquelle sa fille Pascale, devenue adulte, prétendra un jour pouvait-elle s’accomplir à la seule lecture de Simone de Beauvoir? Ne fallait-il pas aussi qu’elle se nourrisse de la révolte inachevée de sa mère, humble femme au foyer ?
Deuxième volet d’une future trilogie. Il fait suite à La Fraude (Voyage au pays d’avant #Me- Too -1-) et précède une troisième réalisation encore à venir. Au travers des portraits successifs de Mathilde, héroïne de La Fraude (années 1930), de sa fille Cécile, personnage central de La Lettre (Années 1960) et enfin de Pascale, sa fille à elle (années 1990), sera ainsi évoquée l’évolution du droit des femmes à disposer de leur corps au long du 20eme siècle.
Construit sur diverses strates de temps, comme l’était déjà
La Fraude, le récit reprend la même structure non linéaire, le même dialogue entre Couleur et Noir et Blanc ainsi que l’alternance Stop-motion/Images animées. Outre la cohérence visuelle de la future trilogie, la raison est aussi qu’il s’agit ici d’Histoire, donc de réalité recomposée. En effet, voici l'histoire de la femme au foyer des années 1960. Environnée de tout son équipement électro-ménager, elle ne perçoit des slogans libertaires des étudiants que la leçon mal apprise qu'en a retenue son mari. Car si le joli Mai a incontestablement semé de nombreuses graines d'émancipation, y compris pour les femmes, il a aussi, et c'est ce sur quoi s'attarde le film, fait sauter le tabou de la marchandisation massive du corps féminin.
La voix off enfin prend en charge l’aspect littéraire du projet. Son titre La Lettre et les diverses missives dont il est question situent a priori le film dans la famille du journal intime. Mais à mesure que le récit progresse, la voix intérieure de l’héroïne change de statut. D’introspective elle se tourne peu à peu vers autrui, s’adresse à l’avenir. Et au bout du compte, prenant la succes-sion de la lettre écrite par sa mère, Cécile s’inscrit à son tour dans le collectif. Sa voix est humble, elle est petite, elle est timide et ténue, mais elle n’en est pas moins un maillon dans la longue chaine de l’histoire des femmes.
Mai 1968 Cécile, la trentaine, mariée, n’est pas sur les barricades mais dans son pavillon de banlieue. Déjà mère de quatre enfants, elle a fait depuis longtemps une croix sur ses études et se débat avec les premières avancées de la contraception.
Deux découvertes alors : une vieille lettre écrite par sa mère trente ans plus tôt mais jamais envoyée et le comportement de son mari chez qui « toutes ces grèves » ont fait sauter le verrou du prédateur, perturbent un moment le métronome qui jusque là guidait sa vie.
Pourtant trop de tabous et autres héritages familiaux encombrent encore son esprit et sa prise de conscience se limite aux bornes de sa vie sage et mesurée. Mais la fière liberté à laquelle sa fille Pascale, devenue adulte, prétendra un jour pouvait-elle s’accomplir à la seule lecture de Simone de Beauvoir? Ne fallait-il pas aussi qu’elle se nourrisse de la révolte inachevée de sa mère, humble femme au foyer ?
Deuxième volet d’une future trilogie. Il fait suite à La Fraude (Voyage au pays d’avant #Me- Too -1-) et précède une troisième réalisation encore à venir. Au travers des portraits successifs de Mathilde, héroïne de La Fraude (années 1930), de sa fille Cécile, personnage central de La Lettre (Années 1960) et enfin de Pascale, sa fille à elle (années 1990), sera ainsi évoquée l’évolution du droit des femmes à disposer de leur corps au long du 20eme siècle.
Construit sur diverses strates de temps, comme l’était déjà
La Fraude, le récit reprend la même structure non linéaire, le même dialogue entre Couleur et Noir et Blanc ainsi que l’alternance Stop-motion/Images animées. Outre la cohérence visuelle de la future trilogie, la raison est aussi qu’il s’agit ici d’Histoire, donc de réalité recomposée. En effet, voici l'histoire de la femme au foyer des années 1960. Environnée de tout son équipement électro-ménager, elle ne perçoit des slogans libertaires des étudiants que la leçon mal apprise qu'en a retenue son mari. Car si le joli Mai a incontestablement semé de nombreuses graines d'émancipation, y compris pour les femmes, il a aussi, et c'est ce sur quoi s'attarde le film, fait sauter le tabou de la marchandisation massive du corps féminin.
La voix off enfin prend en charge l’aspect littéraire du projet. Son titre La Lettre et les diverses missives dont il est question situent a priori le film dans la famille du journal intime. Mais à mesure que le récit progresse, la voix intérieure de l’héroïne change de statut. D’introspective elle se tourne peu à peu vers autrui, s’adresse à l’avenir. Et au bout du compte, prenant la succes-sion de la lettre écrite par sa mère, Cécile s’inscrit à son tour dans le collectif. Sa voix est humble, elle est petite, elle est timide et ténue, mais elle n’en est pas moins un maillon dans la longue chaine de l’histoire des femmes.
La lettre